Les 50 Nuances du « popo »

IMG_3742Je savais qu’aujourd’hui il me fallait écrire parce que mon état s’y prêtait. Sur quoi, je ne saurai le dire.

Écoutant mes sentiments, j’aurai sans doute pondu un truc d’un réalisme rafraîchissant que d’aucuns jugeraient probablement d’incommodant (ou pas! Laissez-moi penser que je suis une bonne bloggeuse même si je n’en suis qu’à mon troisième article). Je suis cynique je sais, c’est un fait. L’ai je voulu?? Bof je pense pas. Mais j’avoue que le résultat ne me déplaît pas. Je me suis cependant ravisée.

Ce billet ne versera pas dans le mélodrame. Nous allons donner un coté distrayant à la chose. Un peu de peps dans notre tristounette vie habituelle. Ainsi nous allons parler de choses que beaucoup de personnes n’aiment pas exprimer tout haut qui sont cependant aussi jouissifs qu’un acte charnel. Et oui autant vous le dire dès le départ la sexualité est un thème auquel je vouerai un culte sans fin. Mais pour le moment revenons à l’actualité du jour. Il s’agira ici de démystifier certains comportements naturels auxquels on accorde un peu trop d’importance à mon gout. Pour ce faire je vais partir d’une histoire, et les contours de mon thème se dessineront au fur et a mesure qu’elle (l’histoire ) se déroulera.

Elle, c’est une amie. Belle et radieuse, gentille mais légèrement hautaine, elle me fait penser à un cygne. Un oiseau d’une beauté quasi irréelle qui pose sur les autres un regard d’une condescendance étudiée, l’air de dire « je ne fais pas partie de votre monde ». Tel un cygne a t-elle des manières délicates qui sans friser la poupée de porcelaine n’en sont pas pour autant éloignées. En parler ne lui pose cependant pas de problème. J’avouerai même que c’est grâce à elle que je suis à présent à l’aise avec le sujet. Eh oui coincée j’étais hélas! Mais revenons à nos moutons car il ne s’agit pas en l’espèce de moi (Encore heureux!). La mésaventure de cette chère amie, vous le remarquerez, est très commune à tous les homos sapiens que nous sommes. Même si je l’admets l’aspect contextuel de son périple est plutôt hilarant.

Tout part d’une journée normale ou elle avait cours dans une des facultés de l’université de Lomé. Souvenez vous je l’avais relevé, elle c’est une fille très chic, aimant se mettre en valeur. Et conformément à sa nature notre fashionista mis en cette belle journée ensoleillée un bermuda blanc et un t-shirt moulant ses formes à la perfection, faisant retourner sur son passage les regards de bon nombre d’hommes amateur « de viandes fraîches ». C’est en ces circonstances qu’elle arriva au lieu de son cours.

Dès sa rentrée dans la salle elle commença à ressentir des gargouillis (oh Hélas combien familières) auxquels elle ne prêtera que peu d’attention (première erreur!). Tout le long du cours elle se rendra compte de l’insistance du phénomène jusqu’au moment ou tel un pécheur confessant son crime, elle finisse par admettre qu’elle devait aller « faire pleurer cécille ». Le moment était à l’urgence car notre amie s’était trop longtemps complu dans le déni. Il lui fallait sans perdre une seconde quitter la salle d’étude et rejoindre à pieds les toilettes de la fac au risque sinon de donner un joli spectacle à ses confrères. Le genre de spectacle qui vous colle à la peau toute une vie. Comme si les dieux étaient avec elle le professeur déclara la pause. Telle une possédée, elle se rua à travers les dédales de la fac en direction de ces petits édifices qui lui paraissaient à ce moment précis comme un lieu de culte pour la paix de son esprit tourmenté.

Elle faillit lui rentrer dedans, dans sa course effrénée vers les toilettes! Lui c’est ce camarade banal , limite insignifiant, perclus de complexe que l’on ne remarque que lorsque votre esprit ennuyé dans une sorte de rébellion cherche à capter des signaux qui en temps ordinaire sont trop anodins pour être digne de tout intérêt. Lui, c’est le genre de camarade à vous poser des questions existentielles juste au moment ou votre corps arrivé au faite de ses capacités, n’aspire qu’à une saine délivrance. Elle le connaissait, elle savait ce qui allait suivre, elle ne lui laissa pas le temps de placer trois mots. Elle lui expliqua en termes clairs mais concis l’urgence de sa situation et s’en alla sans un regard en arrière vers ce qui était devenu en quelque secondes à peine son lieu de prédilection.

Elle atteignit enfin l’endroit tant convoité, paya et pris possession de sa « demeure », tout attitude guindée disparaissant comme par magie. Elle s’en donnait à cœur joie et je me permettrai même de dire au risque de commettre un blasphème qu’on aurait dit le Christ au jour de sa transfiguration tant grande était sa joie. Je le dis et je le répète, il existe trois pôles de jouissance en ce bas monde! La bouffe, le sexe et « couler un bronze ». Elle faisait l’expérience du troisième et semblait apprécier le moment.

Aussi soudainement que cela débuta tout fut finit. C’est à ce instant qu’elle remarqua qu’elle n’avait pas assez de papier toilette (deuxième erreur). Il s’agit là d’imaginer la scène (A mourir de rire). Notre fashionista chic et guindée (qui à cet instant n’avait plus de fashionista que de nom) assise sur la cuvette des toilettes bermuda blanc descendu aux genoux posait sur les éléments de son entourage un regard de lapin apeuré. Regard qui tomba sur la blancheur de son bermuda et sur les éventuelles conséquences du manque de papier toilette dessus. Elle m’avouera après que beaucoup d’idées germèrent dans sa tête toutes aussi horribles les unes que les autres ( je passe ces idées pour le bien être de votre mental). Voulant légèrement se redresser et bien réfléchir sur sa situation, son pied heurta un objet. C’était son sac, elle l’avait complètement oublié! On eut dit Pythagore découvrant son théorème. En effet dans ce dernier, il y’avait des papiers. Bien que ce soit plus des papiers adaptés à l’étude, elle les déchira sans sourciller. La suite, je la laisse à votre imagination. Elle sortit enfin, comme si de rien n’était et marcha d’un pas paisible vers les bâtiments de cours. Pour elle, la pause était finie et l’orage passé.

Cette histoire que vous trouverez assez drôle n’est cependant que le résultat des réactions que nous avons vis à vis de l’acte de défécation. Si manger nous est aussi indispensable que respirer tel est également le cas du fait de couler un bronze. Débarrassez-vous de vos clichés ou préjugés en la matière, banalisez l’acte, car vous lui donnez plus d’importance qu’il n’en a. Cela vous évitera ce genre de situation que je qualifierai d’assez peu classe. Elle, cette chère amie, a voulu être chic jusqu’au bout! Mais vous conviendrez avec moi que la suite n’avait rien d’inspirant. Il m’arrive d’entendre chez les filles « moi je peux pas allez aux toilettes chez mon mec! Oh mais la honte ». Bah tu préfères y aller ou faire dans ton froc? pour les mecs c’est  » une fille qui chie chez moi c’est next! » Tu préfères qu’elle aille chez le voisin c’est ça? Et si c’est toi qui le fait chez elle ce sera quoi? Back? Arrêtez moi ces hypocrisies et chier en paix. C’est pour se faire que notre créateur dans son intelligence infinie créa un orifice spécialement dédié à la chose. Pour que en tout temps, en toute heure, dès que le besoin s’en fera ressentir on puisse en faire usage. Une petite incursion dans le droit nous fera évoquer par analogie l’usus et l’abusus, deux prérogatives du droit de propriété qui consiste à user et à disposer librement d’une chose dont on est propriétaire. Je suppose que vous aurez compris ou je voulais en venir. Votre corps vous appartenant, vous pouvez en faire ce que bon vous semble. Donc ne vous restreignez pas à cause de considérations absurdes sorties tout droit d’esprits étriqués.

Doctorante en médecine, Giulia Enders, nous enseignera même, dans son ouvrage Le charme discret de l’intestin «l’art du bien chier». Écoulé à plus d’un million d’exemplaires en Allemagne, l’ouvrage est une bible poétique et sans tabou de tout ce qu’il faut savoir sur l’intestin, débarrassée du jargon pour initiés et bourrée d’humour(ouvrage que je vous recommande vivement d’ailleurs).

Parlez en en termes chics et raffinés si ça peut vous faire plaisir. Nul besoin de vulgarités gratuite en la matière (c’est peut être pour ça que les gens ont du mal à en parler). Nul besoin également de faire une montagne d’une taupinière donc mes chers amis ne faites pas de manières et allez y sans relâche.

Car bien avant les 50 nuances de Grey, existait les 50 nuances du « popo ».

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2 réflexions sur « Les 50 Nuances du « popo » »

  1. « 50 shades of popo » made by Ayéfèmi. Joli billet qui lève le voile sur la « jouissance fécale ». J’aime tout simplement.

    Aimé par 1 personne

    1. « Une jouissance fécale » en effet! Merci de donner plus de poids à ce thème par l’emploi de ces justes mots.

      Aimé par 1 personne

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